Mon fils m’a téléphoné un après-midi calme, sa voix plus douce que d’habitude.
Il n’a rien demandé, il a pris son temps pour ponctuer la conversation ; il m’a simplement dit qu’il m’aimait.
J’ai été surprise. Il avait toujours été indépendant, le genre de jeune homme à tout gérer seul et qui s’arrêtait rarement pour exprimer ses émotions ainsi.
Après avoir raccroché, je suis restée là un long moment, à repasser ses mots sans cesse. Il y avait quelque chose dans sa voix qui persistait — pas de peur, pas d’urgence, mais quelque chose de plus profond. Ce soir-là, sans trop réfléchir, j’ai réservé un vol.
Je ne lui ai pas dit que je venais.
Une partie de moi ne voulait pas donner de l’importance à cette rencontre, et une autre partie voulait juste le voir — m’assurer qu’il allait bien. Le lendemain, je me suis retrouvée devant sa chambre d’étudiante, le cœur battant la chamade.
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